mardi 1 décembre 2009

LGV : les opposants à la branche sud battront la campagne

Des maires et des associatifs exigent que les moyens soient d'abord affectés à l'amélioration du réseau ferroviaire existant. Profitant des élections régionales, ils demanderont aux candidats de se positionner.

Pour les opposants à la branche sud de la LGV Rhin-Rhône, le choix de la date et du lieu de leur rassemblement interrégional d'hier, à Sellières dans le Jura, a été on ne peut plus judicieux. Cette cité comtoise de caractère se trouve à 200 m de la A 39. « De la dioxine, on en prend déjà plein les narines. Maintenant on va nous ajouter une autre nuisance. Il est vrai qu'à notre niveau, le fuseau est de la branche sud passe de l'autre côté de l'autoroute, mais le village de La Charme va être charcuté en deux », explique le maire André Garde. À hauteur de Vaivre, ce tracé, dit « préférentiel », franchit la A 39 pour la prolonger par l'ouest et les villages de Colonne, Chezabois et La Charme ainsi que le Grand étang et l'étang de Nubéra vont se retrouver dans l'axe.


Certains des maires jurassiens présents à la rencontre étaient très remontés et depuis quelques semaines déjà une fronde de ces élus menés par Jean Letroublon est à l'œuvre. Le maire de Colonne a rédigé un texte qu'il a adressé à tous ses collègues concernés pour adoption par leurs conseils municipaux. « Nous, on l'a déjà approuvé », confie André Garde.
Comme d'aucuns auraient pu le supposer, le rassemblement de Sellières ne s'est pas résumé à des écologistes ou des nostalgiques du bonheur des prés et des doux clapotis. Sur les aspects sociétaux, environnementaux, économiques et financiers, voire politiques et juridiques, les intervenants ont fait montre de réelles capacités d'expertise. Sur le plan du calendrier, le choix ne manque pas de pertinence non plus. On va bientôt entrer dans la phase intensive de la campagne des régionales et les opposants au projet sont décidés à s'y inviter. La veille, l'association ACTO (Ain) avait déjà fait basculer huit maires membres de deux communautés de communes qui se trouvent sur le tracé. « Il faut convaincre les élus et descendre dans l'arène électorale (...). Le dossier est loin d'être plié et on est en ordre de bataille », assure le dolois Pascal Blain. « On ne s'interdit pas de descendre dans la rue, quand ce sera nécessaire. Il faut tout faire pour que nos élus nous rejoignent », ajoute Thierry Grosjean de la CAPEN 71. Se saisissant des retombées environnementales, Jacques Terraz (Dole environnement) s'est chargé de démanteler le projet de RFF. Par la voix de Christian Guillot, l'association Actif en Bresse estime qu'à l'arrivée, la branche sud reviendra à six milliards d'euros et non à trois, comme l'affirme RFF et parle de « gouffre financier ». Gilles Sené (FNE) exige un bilan carbone exploitable par tout le monde, en évoquant « un projet éco-irresponsable ». Le Jurassien Dominique Lefier remet en cause les estimations des nuisances sonores faites par RFF. « Le développement durable ce n'est pas remonter les fraises d'Espagne à Hambourg et de permettre à l'Allemagne d'aller bronzer en Espagne », assène, de son côté, le Rhône-Alpin Jean-Luc Estublier. D'une seule voix, maires et associatifs plaident d'abord l'amélioration du réseau existant, éventuellement en l'adaptant au système pendulaire.
(Extrait du Progrès du 15/11/09 par Dahmane Soudani)
A Tavaux le 14 décembre
Les associations de protection de l'environnement n'écartent pas le recours à des actions dures de terrain. Hier à Sellières, après avoir accusé ouvertement les parlementaires et les élus des grandes collectivités de la région de ne pas lire les dossiers des projets d'infrastructure, voire d'être « déconnectés de la réalité du terrain », elles envisagent de les contacter individuellement pour connaître, avec précision, leurs positions sur le projet de la branche sud de la LGV. En attendant, elles projettent d'organiser un rassemblement le 14 décembre prochain à Tavaux, où se tiendra une réunion de la communauté d'agglomération du Grand Dole. Selon Jacques Terraz, à cette occasion, le conseil communautaire devra se prononcer sur « l'adhésion du Grand Dole à l'une des associations amies de la LGV Rhin-Rhône ».
Branche sud de la LGV : atteinte au milieu et à la biodiversité, selon les associations de protection de l'environnement;
Dégradation des sites Natura 2000 (basse vallée du Doubs et étangs associés, Bresse jurassienne et Bresse du sud) et plus généralement des zones humides riches en espèces protégées ;
Altération des masses d'eau de la Bresse, Dombes et du val de Saône ;
Obstruction et dégradation des corridors écologiques (chaîne de boisement entre Flammerans et L'Abergement-la-Ronce);
Impact des vallées de la Vallière, Solnan, Sevron, Seille et du Doubs et des étangs se trouvant sur et à proximité du tracé ;
Impact de massifs forestiers, comme Le Miroir et Flacey et le bois humide du pied du Revermont ;
Atteinte à la biodiversité et espèces menacées ; Réduction des espaces agricoles et forestiers.

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