lundi 14 juin 2010

UNE CARRIERE A SAMPANS!!!

C'est avec stupeur et étonnement que beaucoup de sampenois ont découvert le projet de réouverture de carrière grâce à cet avis d'enquête publique placardé dans les cadres d'affichage du village ou diffusé sur le site internet de notre commune . Certains ont alors voulu en savoir plus et se sont rendus auprès de l'enquêteur public pour découvrir le contenu exact de ce dossier. En quittant la mairie il n'était hélas possible que de faire un constat emplit de crainte et d'amertume en imaginant l'avenir qui allait nous être imposé de vivre à Sampans. Brisé, disloqué le rêve de chacun au rythme des explosions des mines, du chant des concasseurs et de la roche arrachée à notre terre.

Un projet d'une durée de 15 années dont 14 destinées à l'exploitation de la carrière et une année de remise en état du site. 200 jours d'exploitation annuels et plusieurs tirs de mines hebdomadaires. L'ouverture d'un centre de stockage de déchets de classe 3 destinée à recevoir les déchets inertes du BTP en guise de remblais.

Pour certains, le rêve a pris une tournure de cauchemar et nous avons décidé de nous opposer à ce projet convaincus que Sampans n'a rien à gagner avec la réouverture de cette carrière. Le collectif "la carrière 15 ans de galère" a vu le jour et nous espérons qu'il sera un outil permettant de faire barrière à ce projet.

Le Collectif «La carrière 15 ans de galère »

Le collectif a été fondé pour :

1- Obtenir des informations :

Un collectif permet d'agir à plusieurs personnes et de mettre ainsi en commun les connaissances et les moyens de chacun.

2- Communiquer :

Le collectif permet de vérifier les informations reçues et de les faire connaître à grande échelle de façon plus rapide.

3- S'opposer au projet de carrière :

Le collectif permet de regrouper tous les opposants à la carrière en favorisant l'échange des informations et des idées et en organisant la "résistance" face au projet.

L'implantation de la carrière à Sampans serait très dommageable au village, à ses habitants et aux environs...

Les nuisances engendrées par une carrière sont aussi multiples que diverses...

Si certaines de ces nuisances ne sont que de simples gênes, d'autres peuvent former un réel danger pour les riverains.

Voici une liste des principales nuisances et dangers générés par une carrière :

1) Une circulation intense de camions
De par sa position, la carrière devra assurer le transport par camions. On peut estimer que l'activité de la carrière engendrera le passage d'un camion supplémentaire toutes les 20 minutes à Sampans.
L'accès de la carrière au réseau routier et notamment à la D905 (Route de Dijon et de Dole) se fera en empruntant la D322 (Route de Champvans ). La D322 est une voie secondaire, non conçue pour recevoir un trafic intense de poids lourds (38/40T). Il y aura donc une dégradation rapide de la structure des chaussées avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer.
De plus, cette route n'est pas assez large pour permettre le croisement de ces poids lourds en toute sécurité. La circulation va devenir plus périlleuse, notamment aux heures d’affluence et aux heures de sorties de l’école de Sampans.
Le risque d’accident à la sortie d'école va fatalement être augmenté étant donné le tonnage des camions et la difficulté qu'ils auront à freiner au passage piéton situé devant l'école.
L'été, la poussière des camions couvrira rapidement la signalisation de la route, D'autre part, en hiver ou par temps de pluie les camions vont sortir de la carrière en laissant sur la chaussée une empreinte de boue très gênante pour la circulation et potentiellement très dangereuse.

Qui va payer les réparations ?
La circulation intense de poids lourds aux alentours du village (voire même dans le village), va créer d’énormes nuisances, bruit, danger, poussières, pertes de cailloux sur la chaussée, aux habitants de la commune et modifier complètement leur vie quotidienne.



2) Les nuisances sonores - Les tirs de mines - La dégradation des maisons

Le bruit :

Il est permanent dans une carrière : concasseurs, cribles, dumpers, pelles, chargeuses sont source de bruit important.
Lorsqu’une chargeuse ou un dumper reculent, ils émettent un « bip » sonore audible à plusieurs centaines de mètres.
Les tirs de mine :
Abattre 10 000 T de matériaux demande l’utilisation de 1 T à 1,5 T d’explosifs.
Au moment du tir, il se produit un choc avec un bruit important. Une telle onde aérienne peut être destructrice sur des ouvrages fragiles (vitres par exemple) à plusieurs centaines de mètres.
La plus néfaste est l'onde de choc souterraine qui peut provoquer des dégâts sur les fondations et les murs des maisons et cela peut se ressentir à des kilomètres.
Les futurs exploitants de la carrière tentent de nous rassurer sur les risques pour nos habitations en expliquant notamment que les techniques utilisées par les artificiers ont évolué et que l'intensité des ondes de choc a diminué. Pourtant dans le même temps, la SAS ROUX s'engage à dépêcher un huissier qui aura pour mission de dresser un bilan de l'état des maisons de Sampans avant les premiers tirs.

Il est vrai qu'il y a de quoi s'interroger sur les effets qu'auront les explosions sur les maisons les plus proches, qui ne seront situées qu'à quelques centaines de mètres de la future carrière !!!
3) Les poussières

Elles sont produites en continu et à tous les points du traitement : chargement, concassage, criblage, roulage des camions, tirs, etc…Sur une installation comme celle prévue à Sampans il sera pratiquement impossible de combattre ces poussières. De plus, par un temps sec et ensoleillé, ce phénomène est accentué.

On parle bien d’arrosage, mais l’eau est l’ennemie du carrier car les poussières humidifiées colmatent les mailles des cribles au détriment de la qualité des granulats…
La poussière recouvre la nature d’une couche qui, à la longue, peut asphyxier le manteau végétal.
Les poussières se déposent partout...
Cette poussière s'incruste dans les maisons et elle se dépose sur les fruits, les légumes, les meubles de jardin, le linge étendu dehors, les postes de TV…
Par ailleurs, cette neige calcaire se transforme en boue blanche dès la moindre averse, rendant les routes glissantes et dangereuses... Cela signifie : des villages souillés, des terrains agricoles pollués, une couverture végétale asphyxiés, des risques pour la santé...

A ce titre plusieurs études déjà réalisées sur des sites d'extractions en France ont mis en avant que les poussières de carrières n’avaient rien d’anodin en termes de santé publique.

Voici également ce que dit le schéma départemental des carrières mis en ligne par la préfecture de l'Ain : "Les poussières constituent la principale source de pollution de l'air lors de l'exploitation des carrières. Elles sont occasionnées par le transport et le traitement des matériaux et, dans le cas de carrières de roches massives, par le forage des trous de mine et l'abattage de la roche. Comme dans le cas du bruit, l'importance de l'impact des émissions poussiéreuses dépend de la climatologie du secteur, de la topographie et de la granulométrie des éléments véhiculés. Les émissions de poussière peuvent avoir des conséquences sur la sécurité publique, la santé des personnes, l’esthétique des paysages et des monuments, la faune et la flore".

4) L'impact sur l'eau
Les sources dépendant du lieu d’exploitation peuvent être détruites, déviées, taries par les tirs de mine. Le plateau argilo-calcaire lui-même peut constituer une réserve d’eau que l’exploitation de la carrière condamne définitivement.

Peut-on garantir un fonctionnement absolument « étanche » de la carrière ? Que se passera-t-il en cas d’orage violent ? Quels seront les risques d’atteinte aux nappes phréatiques, aux sources à proximité ainsi qu'aux zones agricoles et aux jardins des particuliers autour de la carrière ?
Le site actuel de l'ancienne carrière est rempli d’eau. Mais d'où provient-elle ? D’un ruissellement ? D’un écoulement de source ? Son analyse a-t-elle permis de savoir si elle contenait des traces de pollution comme aux métaux lourds par exemple ? Depuis la fin de la dernière exploitation un écosystème s’est mis en place et il va être détruit dans ce nouveau projet mais comment va-t-on l’évacuer ?
Sachant qu'un concasseur consomme près de 400 l de fioul par jour il paraît évident que des hydrocarbures seront stockés sur place. Encore une fois on peut s'interroger sur les risques de pollution en cas de fuite de cuves notamment.

Ces différentes réflexions démontrent bien l’impact sur l'eau que peut avoir un tel projet et l'importance d'une étude d'hydrologie.

5) La détérioration irréversible du site et impacts écologiques
Une carrière est une vilaine blessure dans la nature et malgré les propos rassurants que l’on peut entendre quant au réaménagement du site, la cicatrisation est très longue. A l’échelle de nos vies, il restera toujours des traces du passage de l’homme. En plus, tout le monde aura pu le constater, une carrière est un endroit idéal pour servir de décharge et y entreposer toutes sortes de déchets.


Le Mont Joly situé à proximité de l'ancienne carrière est un site classé et on peut s'interroger sur l'impact qu'aura un tel projet sur la faune et la flore de ce paysage.
Ce projet ne comporte pas uniquement une demande d'ouverture d'une carrière à ciel ouvert sur notre commune, mais également la création d'un Centre de Stockage de Déchets Ultimes de classe 3 (CSDU). Un site de classe 3 est destiné à recevoir les déchets inertes du bâtiment ou des travaux publics. Les matériaux dangereux comme l'amiante seront donc interdit de décharge et ne pourront servir de remblais.


Mais quel contrôle pourrons-nous exercer sur les chargements qui auront pour destination la future carrière ? N'avons nous pas à craindre que la loi du profit ne dépasse une fois de plus celles éditées dans nos codes et par l'éthique, et de voir ainsi notre sol souillé et pollué par des matériaux nécessitant un recyclage long et coûteux, ainsi qu’un traitement différent dans un CSDU de classe II.
6) La dévaluation du patrimoine immobilier et agricole
Il est notoire qu’une exploitation de ce genre contribue fortement à la dépréciation et à la dévaluation importante du patrimoine immobilier et foncier.


7) Les risques pour les enfants (Etude de la PREVENCEM)
Nous savons tous intuitivement que les enfants, curieux et risque-tout courent des dangers à proximité d’une carrière.


Nous sommes convaincus qu’une carrière ne devrait en aucun cas se situer aux portes d’un village ou en bordure d’un chemin fréquenté. A ce titre voici une étude de la PREVENCEM (organisme de Prévention et Sécurité qui intervient dans les Industries Extractives)

Dans sa note d’information n° 2007-004-200 elle relève :

« Article 43 RG-1-R Les carreaux et installations doivent être efficacement séparés des propriétés voisines par des murs, clôtures, fossé ou merlons, sauf dérogation accordée par le préfet.
Bien que la plupart des carrières possèdent des clôtures ou merlons sur le pourtour de leur site, cela n’empêche pas les « visites » non souhaitées, que ce soit en dehors des heures de travail, voire pendant celles-ci !
Ces intrusions peuvent prendre des proportions très importantes sur certains sites. Les risques sont pourtant grands pour ces visiteurs non conscients des dangers inhérents aux activités d’extraction et de traitement des matériaux. Les risques de chute de gradins, de noyade dans les bassins (plan d’eau d’extraction, bassin de récupération des eaux pluviales puits…), d’enlisement ou d’ensevelissement (bassins de décantation, silos, trémies..), de collision avec les véhicule de la carrière… peuvent être mortels. »

IL EST URGENT DE REAGIR : NOUS POUVONS ENCORE TOUT CHANGER


Comme ça a été le cas dans d'autres communes confrontées à la même situation, il n'est pas encore trop tard pour intervenir...
Informez-vous, allez voir l'enquêteur public et positionnez vous contre ce projet. Rejoignez-nous en signant la pétition qui circulera dans les jours à venir!!!

5 commentaires:

Roger Seignemartin a dit…

Très bon descriptif des nuisances que cette exploitation pourrait engendrer.

Fida&Franck a dit…

Réunion d'information organisée par le collectif "La carrière 15 ans de galère" mardi 22 juin 20h30 salle des fêtes de Sampans.
Et avant cela, il faut venir en mairie samedi matin pour manifester notre opposition au projet auprès du commissaire-enquêteur.
Mobilisons-nous!

Roger Seignemartin a dit…

Ok pour mardi soir mais samedi matin je ne suis pas disponible

Anonyme a dit…

bonjour le maire a annoncer hier au soir que la réunion publique avec le futur acquéreur aurait lieu le 29 juin a 20h30 a la salle des fêtes de Sampans,cette réunion la aussi il ne faut pas la louper .Il faut leur montrer notre opposition a ce projet

Jérôme

Anonyme a dit…

les poussières émanant des carrières sont une nuisance bien connue des professionnels concernés ! Les poussières, particules minérales solides en suspension dans l'air, sont produites dans les carrières en continu et à tous les points du traitement : chargement, concassage, criblage, roulage des camions, tirs de mines, ..., et, par temps sec, ensoleillé et/ou venté, ce phénomène est accentué.
Les poussières constituent la principale source de pollution de l'air lors de l'exploitation des carrières. Elles sont occasionnées par le transport et le traitement des matériaux et, dans le cas de carrières de roches massives , par le forage des trous de mine et l'abattage de la roche. Les émissions de poussières ont des conséquences sur la santé.
source : La prévention des risques dans les industries extractives : http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=437